La route de 140 km entre Inuvik et Tuktoyaktuk, qui mène à la côte arctique du Canada, devrait ouvrir le 15 novembre 2017. Ce projet, qui crée des occasions économiques pour les domaines du tourisme, de l’emploi et du développement d’entreprises, ouvre des fenêtres inattendues dans le domaine de la recherche géoscientifique. La route traverse des étendues de pergélisol, et la recherche et la surveillance connexes permettront de documenter l’entretien, la réglementation et les stratégies d’adaptation nécessaires pour s’adapter au changement climatique et à ses effets sur cette entreprise.
La circulation routière est toujours interdite sur la route entre Inuvik et Tuktoyaktuk, mais elle devrait être autorisée à partir du 15 novembre 2017. Consultez les mises à jour sur www.inf.gov.nt.ca/fr.
Projet géoscientifique de la route entre Inuvik et Tuktoyaktuk
La route entre Inuvik et Tuktoyaktuk a donné lieu à la création d’un réseau de pointe de mesure des caractéristiques du pergélisol. Le programme de mesure, appuyé par le ministère de l’Infrastructure, a attiré la collaboration de la Commission géologique des Territoires du Nord-Ouest (TNO) du ministère de l’Industrie, du Tourisme et de l’Investissement (MITI), de la Commission géologique du Canada, et des universités de l’Alberta, Carleton et Wilfrid Laurier.Au cours des 21 jours d’activités menées sur le terrain en février et en mars 2017, une équipe d’entrepreneurs et de chercheurs a collecté plus de 190 m de carotte de pergélisol et installé des câbles de surveillance de la température du sol dans 16 trous de forage le long de la route.
La carotte de pergélisol a été coupée en deux dans la longueur et on a envoyé des échantillons de l’une des moitiés à l’Institut de recherche Aurora d’Inuvik, à la Commission géologique du Canada d’Ottawa et au laboratoire environnemental Taïga de Yellowknife, aux fins d’analyse. La seconde moitié a été envoyée à l’Université de l’Alberta afin d’être archivée pour des recherches ultérieures.
Cette étude alimentera un ensemble de recherches en géosciences et en génie. La fonte du pergélisol peut endommager les routes et les bâtiments. La recherche constitue donc un élément essentiel de la planification des infrastructures aux TNO et dans toute la région circumpolaire.
Une expérience d’apprentissage « toute fraîche » pour des étudiants d’Inuvik
Lors de son séjour à Inuvik, l’équipe de recherche a partagé son enthousiasme pour le programme de forage par l’intermédiaire de diverses activités éducatives. Plusieurs étudiants, notamment ceux qui suivaient le Programme de technologie de l’environnement et des ressources naturelles du Collège Aurora, ainsi que des élèves de l’école secondaire East Three inscrits aux programmes de mathématiques et de chimie, ont visité le laboratoire de l’équipe au Western Arctic Research Centre.Ils ont assisté au forage de la carotte de pergélisol au moyen d’une grande scie circulaire, et ont découvert le travail des scientifiques spécialistes de ce domaine. Cette expérience pratique a permis aux étudiants de toucher des échantillons de pergélisol et d’assister à leur traitement au laboratoire.
La Commission géologique des TNO est une division à vocation scientifique du MITI chargée d’améliorer la disponibilité des données géoscientifiques.
Cinq faits saillants au sujet du pergélisol :
- Le pergélisol est du sol gelé qui se trouve sous la surface dans les régions froides. On peut le comparer à du ciment qui soude les paysages du Nord.
- Plusieurs collectivités de l’Arctique de l’Ouest ont creusé des caveaux de glace dans le pergélisol, qu’elles utilisent pour que les aliments récoltés restent congelés tout l’été.
- Dans la toundra, cette couche gelée de matériaux terreux peut mesurer plusieurs centaines de mètres d’épaisseur et contenir de gros volumes de glace.
- Une partie de la glace du pergélisol des TNO, située au-dessus de la nappe glaciaire Laurentide, a plus de 10 000 ans.
- Le changement climatique a des répercussions sur le pergélisol aux TNO. La surveillance et la recherche permettront d’élaborer des stratégies d’adaptation.

