LES AFFAIRES REPRENNENT : La pandémie de Covid-19 donne au Peterson’s Point Lake Lodge l’occasion d’accueillir plus de visiteurs du Nord

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6 novembre 2020

Après un été sans touristes, les propriétaires du Peterson’s Point Lake Lodge (le pavillon), qui dépendent des visiteurs, font le point sur la saison passée sans s’émouvoir, tandis qu’ils se tournent vers l’avenir et les touristes du Nord.

« Cet été n’a été qu’un autre défi à relever », a affirmé la propriétaire Margaret Peterson, en haussant les épaules.

Mme Peterson et sa fille Amanda ont expliqué qu’au cours des quelque 40 années où elles ont exploité le pavillon isolé, elles été confrontées à des difficultés comparables à la disparition des touristes causée par la Covid-19.

John MacEachern pose fièrement avec un ombre arctique qu’il a pêché dans le lac Point, à proximité du pavillon. (Photo : Peterson’s Point Lake Lodge)

Au début des années 1980, lorsque Margaret Peterson et son défunt mari Jim ont ouvert leur pavillon au bord du lac Point, à quelque 320 km au nord de Yellowknife, il s’agissait d’un camp de pourvoirie pour les chasseurs de caribous, uniquement accessible par avion.

Les affaires étaient florissantes. Il y a eu une période difficile après les attaques terroristes du 11 septembre 2001, mais cela n’a rien à voir avec l’année 2009, lorsque le déclin de la harde de Bathurst a incité le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest à interdire la chasse au caribou cette année-là.

« Cette année-là, je dirais que nous avons perdu 90 % de nos revenus, a déclaré Amanda Peterson. Nous nous sommes demandé comment nous allions diversifier nos activités. Qu’allions-nous faire? »

Elles ont repensé leur modèle touristique et ont développé le programme de photographie arctique, qui a connu un vif succès. Les clients venaient participer à des ateliers de photographie d’une semaine sur la toundra qui entoure le pavillon.

La Covid-19 a cependant présenté un défi plus considérable, selon Amanda Peterson, car les touristes sont nécessaires pour donner vie à tout nouveau programme.

« Je pense qu’il y a d’autres besoins à combler. Nous avons déjà nos structures et un investissement important en place, il s’agit donc de proposer des activités compatibles avec ce que nous avons déjà établi, plutôt que d’arriver avec quelque chose de complètement nouveau », a-t-elle déclaré.

Margaret Peterson, à gauche, et Amanda Peterson, les propriétaires du Peterson’s Point Lake Lodge, ont présenté avec succès leur programme de photographie arctique en 2009. La même année, la chasse au caribou était interdite aux Territoires du Nord-Ouest, ce qui a considérablement réduit les revenus du commerce, car son modèle économique tournait autour de la chasse. (Photo : Blair McBride/NNSL photo)

L’été dernier a été différent de l’été 2009 dans la mesure où les Peterson ont pu accéder aux programmes d’aide offerts à cause de la Covid-19, sans lesquels le pavillon aurait pu connaître un bien triste sort.

Les propriétaires ont réussi à obtenir de l’aide au titre du Fonds de soutien aux entreprises du Nord (fédéral) et du Fonds pour la relance et la croissance par l’investissement dans le tourisme (GRIT), offerts conjointement par le ministère de l’Industrie, du Tourisme et de l’Investissement et l’Agence canadienne de développement économique du Nord.

Alors que leur saison touristique de juillet à septembre n’a attiré aucun visiteur et n’a généré aucun revenu, le pavillon a été tout sauf calme pendant cet intervalle.

La famille Peterson a passé son temps à construire un nouveau chalet sur la propriété, à rénover le bâtiment principal et à transporter de nouveaux bateaux vers le site.

« Pour la première fois depuis la construction du pavillon dans les années 1980, nous nous y sommes retrouvés tous ensemble », a signalé Margaret.

Au cours d’un été normal, les membres de la famille et les guides sont répartis entre le pavillon et Yellowknife. Certains restent en ville pour s’occuper de la logistique entourant l’accueil des clients à l’aéroport et pour s’assurer qu’ils montent à bord de leur vol à destination du lac Point.

« C’était très agréable de faire des choses ensemble au pavillon. Nous avons profité du fait que l’un de nous n’avait pas besoin de rester en ville pour travailler! », a précisé Margaret en riant.

Les Peterson ont également profité de l’été pour revoir leur site Web en se renseignant sur l’optimisation des moteurs de recherche et les pratiques exemplaires en ligne, et en profitant du Programme de mentorat pour entreprises touristiques du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, offert par l’intermédiaire du Service d’assistance canadienne aux organismes. Leur mentor les aide à naviguer sur les médias sociaux, à optimiser des photos et à élaborer une stratégie de communication générale.

Elles espèrent ainsi tirer parti de leur présence en ligne croissante pour se faire mieux connaître auprès des touristes ténois et profiter de la mode des vacances sédentaires, étant donné que la plupart de leurs clients venaient traditionnellement de l’extérieur des TNO.

Elles prévoient un modèle qui fera la part belle aux séjours de courte durée; ainsi, elles proposeront des forfaits de base, auxquels pourront se greffer des randonnées, des parties de pêche ou des sorties en bateau, avec ou sans guide.

« Certains peuvent se faire des idées fort différentes de ce qu’est un guide, a déclaré Amanda. Les guides seraient heureux d’accompagner les visiteurs et d’être présents pour surveiller la faune, ou l’observer, et signaler la présence de certains animaux sauvages. Les guides restent à l’affût des ours (notamment des grizzlis) afin que les visiteurs profitent de leur expérience en toute sécurité ».

Bien que les Peterson essaient de rendre leur forfait découverte non guidé pour Ténois aussi abordable que possible afin de le rendre attrayant aux voyageurs locaux, Amanda reconnaît qu’il y a un seuil de prix sous lequel elles ne peuvent descendre, compte tenu des coûts engagés dans la gestion d’un pavillon aussi éloigné des services urbains.

La pandémie a incité les Peterson à essayer de rendre un séjour à leur pavillon le plus accessible possible aux résidents du Nord. Pour sa part, Amanda Peterson est convaincue que l’éloignement du site dans la toundra attirera de nombreux visiteurs.

« J’espère que nous aurons des visiteurs de Yellowknife qui viendront au pavillon, a conclu Margaret Peterson, ou des gens de Fort Smith, de Hay River ou de toute autre collectivité des TNO. Nous voulons leur montrer notre cour arrière! »