Place aux artistes d’Arts TNO : Broderie de bienveillance

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Le 4 décembre 2019

La magnifique broderie de Mary Louise Drygeese pour le nouvel hôpital est une ode à l’artisanat, au don de soi et à la bienveillance, affirme Sarah Swan.

D’abord publié le 27 août 2019 par Sarah Swan, dans le magazine EDGE.

Les sacs à main décorés de broderies perlées de Mme Drygeese sont vendus à la boutique de métiers d’art des Dénés Yellowknives de Dettah.

Les raisons pour lesquelles les gens font de l’art sont des plus variées. Certains créent pour s’exprimer. Pour d’autres, faire de l’art est une quête intellectuelle : une étude des techniques, des formes ou des couleurs. Certains créent simplement parce que cela va de soi; l’art est aussi essentiel à leur vie que de manger ou de dormir. L’approche de Mary Louise Drygeese est différente. La bienveillance caractérise son travail. Par sa couture, l’aînée de 82 ans se soucie des autres et pratique l’art du don de soi.

 

L’aînée Mary Louise Drygeese montre fièrement une paire de mukluks qu’elle a réalisée en peau d’orignal et en fourrure de lapin, ornée d’une magnifique broderie sur laine blanche.

Mme Drygeese a vécu toute sa vie dans les environs de Dettah, et s’est toujours consacrée à prendre soin de sa communauté. Jeune fille, elle a aidé à s’occuper de ses frères et sœurs; plus tard, lorsque son père, Joe Sangris, était chef de Dettah, elle avait pour tâche d’accueillir ses nombreux visiteurs. En 1999, elle a raconté à Northern News une anecdote savoureuse au sujet de son plus jeune frère, Eddie, qui s’accrochait à sa robe alors qu’elle tentait de servir les invités de son père. « Je ne savais pas quoi faire avec lui, alors je l’ai enfermé dans un placard jusqu’à ce que j’aie terminé la vaisselle. Il s’est calmé sur-le-champ. Dieu que nous avons ri! »

Mary Louise Drygeese a élevé ses sept enfants biologiques et a prêté main-forte pour élever autant de petits-enfants. En outre, elle a officié comme infirmière auxiliaire pendant 27 ans, rendant visite aux malades, tenant les enfants pendant qu’ils recevaient leurs vaccins et interprétant du tłı̨chǫ vers l’anglais.

À la demande du nouvel Hôpital territorial Stanton, l’artiste de Dettah a réalisé une broderie traditionnelle.

Malgré cette vie bien remplie, elle n’a cessé de coudre et de broder, pour atteindre un degré de savoir-faire hors du commun. Elle a fabriqué d’innombrables mukluks et mocassins, qu’elle distribue toujours gratuitement. Elle brodait des motifs traditionnels avec des perles sur la peau d’orignal qu’elle tannait elle-même, ou sur de la laine. Dorénavant, l’aînée préfère la broderie. « La broderie est plus facile pour les dames âgées, dit-elle en riant. Je ne suis plus très rapide, et toutes mes filles et mes petits-enfants sont meilleurs que moi! »

Récemment, le nouvel Hôpital territorial Stanton a demandé à Mary Louise Drygeese de créer une œuvre pour l’établissement. Après une année de travail, elle a terminé l’une de ses plus belles créations brodées. Sur fond blanc, des tiges fleuries rayonnent à partir d’une ligne centrale pailletée. « Je me suis mise à réfléchir, et à réfléchir encore », a déclaré l’artiste.

« J’ai réfléchi aux médecins et aux infirmiers qui se dévouent à leurs patients sans jamais ménager leurs efforts. C’est pourquoi j’ai fait 24 fleurs, une pour chaque heure de la journée, pour représenter les longues heures passées au travail. Des fleurs roses pour les femmes, des fleurs bleues pour les hommes », termine-t-elle. Cette œuvre remarquable, à la fois traditionnelle, expressive et intellectuelle, rend un hommage bien senti aux professionnels de la santé.

Apprenez-en davantage au sujet de la pratique de Mary Louise Drygeese à l’adresse