26 juin 2018
L’histoire se répète de manières parfois étonnantes. Robert Norwegian, exploitant de l’entreprise touristique Tah-Chay Adventures, en sait quelque chose.
En 1789, les ancêtres de M. Norwegian ont servi de guides à l’explorateur écossais Alexander Mackenzie lors de son ambitieux voyage le long du fleuve qui porte désormais son nom; ils ont également accompagné l’explorateur lors de son expédition de 1845, qui verra naître un nouveau membre de la famille Norwegian.
« Un officier de marine à bord de l’expédition, d’origine norvégienne, est tombé amoureux d’une femme métisse, à Rabbit Skin. Il s’est installé avec elle et ils ont fondé leur famille. Cet officier de marine est mon ancêtre, et c’est de lui que ma famille tient son nom », affirme-t-il.
Aujourd’hui, comme ses ancêtres, Robert Norwegian coiffe son chapeau de guide. Il accueille des visiteurs du monde entier et leur fait découvrir le fleuve Mackenzie, comme l’ont fait ses ancêtres quelques siècles plus tôt. Il vogue souvent à bord d’une barge d’York, une embarcation conçue par les peuples autochtones pour aider les Européens à transporter des marchandises, puisque leurs bateaux étaient trop lourds pour naviguer sur certains tronçons peu profonds du fleuve.
Les excursions de M. Norwegian se distinguent par l’histoire riche que le guide insuffle à chacune d’elles. Chaque crique, affluent et sentier de portage révèle des anecdotes et des traditions du passé.
« Une heure ou deux avant une excursion, j’aime rencontrer les visiteurs pour leur brosser un tableau historique et leur donner une idée de ce qui les attend. Je peux leur montrer tous les beaux endroits du Dehcho mais s’ils ne comprennent pas la signification de ces lieux, ils ne pourront jamais en comprendre l’importance. Chaque excursion est différente et j’adapte l’expérience aux méandres du fleuve en réponse à la curiosité des visiteurs », poursuit le guide.
Pendant l’excursion, M. Norwegian raconte aux visiteurs ce qu’était vraiment la vie sur les terres ancestrales.
« Les visiteurs se font souvent une idée romancée de la vie sur les terres ancestrales. Bien sûr, le paysage est à couper le souffle, mais il ne faut pas oublier les nécessités de la vie quotidienne. Ce mode de vie exigeait beaucoup de travail : cueillir des plantes et des baies, chasser, pêcher, préparer des médicaments. Les couches n’existaient pas, alors on utilisait de la mousse de tourbière. Mes ancêtres dépendaient largement du savoir ancestral transmis par les générations précédentes. »
Tah-Chay, le nom de l’entreprise touristique de M. Norwegian, fait référence à une jonction où une rivière se jette dans un cours d’eau plus important. La rivière Rabbit Skin, située à 50 kilomètres de Fort Simpson, est le lieu où vivait l’ancêtre de M. Norwegian, et un exemple de cours d’eau tributaire.
Importance de l’histoire pour le tourisme culturel autochtone
Lorsque M. Norwegian était enfant, sa grand-mère l’emmenait écouter les aînés de la collectivité pour qu’il entende raconter l’histoire de ses ancêtres.
« Il est impératif de réciter un conte exactement de la même manière qu’on l’a entendu. C’est pourquoi, une semaine après que j’eus entendu les contes, ma grand-mère me demandait de les réciter, et elle me corrigeait si je faisais erreur », raconte Robert Norwegian. Voilà comment notre histoire orale a traversé presque un millénaire.
Pour le guide touristique, les contes font naturellement partie du tourisme culturel autochtone aux Territoires du Nord-Ouest.
« Il s’agit de ma dernière grande aventure, conclut M. Norwegian. Je veux transmettre ces contes et les raconter aux visiteurs pendant que j’en suis encore capable. »
Dans le cadre de la Journée nationale des peuples autochtones, nous mettrons en ligne une série de publications mettant en vedette des exploitants d’entreprises touristiques des TNO qui font la part belle à la culture autochtone dans leurs forfaits. Cliquez ici pour en apprendre davantage au sujet de la Journée nationale des peuples autochtones.

