Un monteur de son ténois se démarque dans La Forme de l’eau

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Le 20 avril 2018

 

Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GTNO) poursuit ses investissements dans le secteur cinématographique et, dans la foulée de ses efforts de diversification économique, un diplômé ténois fait déjà des vagues au grand écran grâce au film oscarisé La Forme de l’eau.

 

Dashen Naidoo est né et a grandi à Yellowknife. Même s’il travaille aujourd’hui sur des films à gros budget, l’ascension de cet élève de l’École secondaire St. Patrick’s n’a pas été de tout repos. 

« En neuvième année, on nous a demandé d’écrire un scénario pour une pub, mais comme j’arrivais déjà à me servir d’une caméra et de matériel de montage, j’ai demandé si je pouvais plutôt en réaliser une, raconte Dashen. Le coordonnateur de la salle vidéo de l’école, Rob Hart, a tout de suite vu mon intérêt et m’a beaucoup soutenu. Il m’a poussé à me perfectionner et m’a encadré dans un domaine où la plupart des gens possèdent peu de connaissances. À l’époque, je ne savais pas que je pouvais en faire une carrière, mais ces premières années ont joué un rôle majeur dans ma vie professionnelle. »

 

Dashen a ensuite étudié la cinématographie au collège Sheridan, ce qui veut dire qu’il a suivi des cours sur tous les aspects spécialisés de la création d’un film, de la rédaction d’un scénario et de la scénographie au montage de son, en passant par la production.

 

Les cours en montage de son étaient donnés par Stephen Barden, monteur émérite, auprès de qui Dashen a développé un vif intérêt pour ce métier et tout ce qui peut être accompli dans le domaine de la conception sonore.

 

Dashen a vécu bien des moments de satisfaction depuis ses débuts, il y a douze ans, qu’on pense à ces cinéastes qui sortent de la salle de mixage en disant : « C’est fabuleux! Cette trame sonore change tout », ou à sa toute première collaboration à un long métrage. Mais, pour lui, le summum a été le déjeuner des finalistes des Oscar, où il attendait fébrilement qu’on annonce la nomination de La Forme de l’eau.

 

« Même si nous n’avions pas été retenus, travailler sur ce film de Guillermo del Toro était une récompense exceptionnelle en soi. Ce genre de films stimule la créativité. Et, en prime, j’ai mon nom au générique. C’est quelque chose qui fait partie intégrante du film. C’est vraiment incroyable de contribuer à quelque chose qui reste, comme ça. »

 

Qu’est-ce que ça fait, exactement, un monteur de son?

Quand il regarde un film, l’auditoire entend des milliers de sons : des portières de voiture qu’on ferme, des froissements de tissus, les pas d’une personne, ou encore une poignée qu’on tourne. Ce que l’auditoire ne sait peut-être pas, c’est que chacun de ces sons est soigneusement conçu, enregistré et préparé, bref fabriqué de toutes pièces, avant d’être envoyé à la salle de mixage.

 

C’est grâce à eux que l’auditoire peut s’immerger complètement dans l’univers et l’histoire qu’on leur propose. Si le montage est bien fait, le son devient partie intégrante du film.

 

« Un professionnel du secteur de la création doit se faire énormément confiance, car on lui demande constamment de faire ses preuves, explique Dashen. C’est parfois long, mais la patience est toujours récompensée. »

 

La Forme de l’eau (la création des effets sonores était supervisée par Nelson Ferreira et Nathan Robitaille) a nécessité dix mois de travail acharné pour Dashen et quatre autres monteurs, qui ont planché sur le moindre détail audio.

 

L’histoire se déroule à Baltimore, en 1962. Dashen a donc passé beaucoup de temps à dénicher des sons caractéristiques de l’époque, comme ceux de vieux tramways et moteurs de camions de pompiers ou encore ceux de relais amplificateurs et de transmissions radio, afin de créer tout un univers sonore pour l’auditoire.

 

Après le film oscarisé de Guillermo del Toro, Dashen a collaboré à Parvana, une enfance en Afghanistan, une autre œuvre primée pour son excellente trame sonore. Elle a en effet remporté le prix Écrans canadiens Meilleur montage sonore en mars dernier. Dashen travaille actuellement sur Lucky Day, le plus récent projet de Roger Avary, scénariste de Fiction pulpeuse.

 

Le Nord tatoué sur le cœur

Il est essentiel de pouvoir offrir du soutien et des services ciblés aux moyennes et grandes productions si l’on souhaite accueillir davantage de projets cinématographiques, ce qui n’est possible que par le développement soutenu des compétences locales. Silence, on tourne! la stratégie et le plan d’action des Territoires du Nord-Ouest sur l’industrie du cinéma, précise les investissements et mesures nécessaires au perfectionnement de nos cinéastes, de même que de la main-d’œuvre et des fournisseurs de services des industries connexes.

 

La réussite de Dashen est inspirante pour les Ténois du milieu cinématographique en plus de montrer au reste de la population qu’il est possible d’aspirer à une telle carrière aux TNO. 

 

« Je demeure un gars du Nord; j’adore le fait que je peux venir en visite et transmettre une partie de mes connaissances. Depuis que je suis parti, il y a eu un virage évident dans la culture de la création aux Territoires, et plus ce changement prendra de l’ampleur, plus il sera intéressant de partager ses connaissances et facile d’intéresser la prochaine génération à l’industrie du film. Des gens vraiment bien m’ont aidé à faire carrière dans un domaine qui n’était qu’un loisir pour moi, et l’idée d’aider les autres à atteindre leur plein potentiel m’emballe », conclut-il.