Le 21 novembre, 2018
Les résidents de la région du Slave Sud ont été les premiers, la semaine dernière, à voir le film très attendu Three Feathers.
Réalisé d’après la bande dessinée romanesque de Richard Van Camp illustrée par Neiva (Krystal) Mateus, Three Feathers raconte l’histoire de trois jeunes hommes d’une petite collectivité et leur obtention d’une justice réparatrice.
Van Camp se souvient avoir rencontré Mateus bien avant leur collaboration à ce projet. « En ville, elle était connue pour se balader avec un sac débordant de cahiers à dessins qui étaient plein de mangas et de dessins hyperréalistes. Quand j’ai vu à quel point elle avait du talent, ça m’a complètement soufflé. Je lui ai dit que, un jour, j’allais communiquer avec elle pour collaborer à un projet. »
« Je ne pense pas qu’elle m’ait cru », ajoute-t-il en riant.

Three Feathers est le fruit de l’insistance de Brend Kaulback, du Conseil scolaire de division du Slave Sud. Il a demandé à Van Camp d’écrire une histoire dans laquelle la langue et la culture aident les jeunes à se sortir du pétrin.
« Ce qui est beau avec la fiction, c’est qu’on peut réparer ce qui a été brisé... », souligne Van Camp, qui cite ici Lee Maracle, son mentor.
Publiée en 2015 par Highwater Press (Portage & Main Press), la bande dessinée romanesque de Van Camp est, fort à-propos, offerte en cri, en chipewyan, en anglais et en esclave du Sud. Ici encore, c’est Brent Kaulback qui a proposé la suite des choses : « On devrait faire un film avec ça. »
« Nous sommes tellement chanceux d’avoir Carla Ulrich, notre réalisatrice, ici en ville, où elle travaille à différents projets pour notre communauté, affirme Van Camp. Carla était la réalisatrice et la visionnaire prédestinée pour ce projet! »
Photo : Sarah Pruys/SSDEC
Les producteurs Liz Levine et Brent Kaulback, ainsi que la réalisatrice Carla Ulrich, ont utilisé la bande dessinée comme scénario en images. Le projet a eu besoin d’une aide importante du Programme de remises pour le cinéma des Territoires du Nord-Ouest, du Secrétariat de l’éducation et des langues autochtones, du Conseil scolaire de division du Slave Sud, de la productrice associée Ann Lepine, de la Première Nation de Salt River, de la Première Nation de Smith Landing et de la Nation des Métis des TNO.
Après trois ans de collecte de fonds et de tournage, la version anglaise de Three Feathers a été présentée la semaine dernière dans les collectivités de Forth Smith, de Fort Resolution, de Hay River et de Łutselk’e.
Les versions crie, chipewyan et esclave du Sud sont en postproduction.
Vendredi soir, Van Camp a pu voir pour la première fois la version finale de son film sur grand écran. Il l’a qualifié de « magnifique ».
Et il n’a pas été le seul à tomber sous le charme du film. « Je suis tellement fier. C’est un film que l’on peut montrer à n’importe qui dans le monde et il va en ressentir toute l’âme et, je l’espère, venir à Fort Smith, aux TNO, dans notre ville, pour explorer la majesté de notre collectivité et des terres qui nous enseignent tant de choses sur la vie, la résilience et le partage. »
Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce :
https://www.youtube.com/watch?v=61B_gYeoPkU
« Beaucoup de gens ont souligné la beauté du film. Les scènes sont comme des tableaux. Craig Kovatch a fait un travail incroyable à la photographie. Ça justifie vraiment une visite aux TNO, et surtout dans la région de Fort Smith », affirme Van Camp.
Il semble que Three Feathers soit le premier film à être tourné simultanément en quatre langues. Ce film familial est une histoire de réussite communautaire. Les créateurs ténois ont sorti tout leur talent devant la caméra, mais aussi dans tous les aspects de la production. Cinq périodes de tournage s’échelonnant sur un an ont été nécessaires pour immortaliser le temps et la lumière nécessaires au film.
Photo : Sarah Pruys/SSDEC
Le prochain objectif de Van Camp est de voir le film accéder au circuit des festivals et d’en faire la promotion à l’échelle mondiale.
« On peut le voir comme une œuvre éducative et un commentaire sur les possibilités de la justice réparatrice en milieu nordique », espère-t-il.
Pour de plus amples renseignements sur le Bureau du cinéma des TNO et la façon d’obtenir du financement, cliquez ici.


