Questions et réponses : Mason Mantla, de Behchokǫ̀, parle des festivals du film, des tapis rouges et de la route vers le succès cinématographique

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Le 13 janvier 2019

Mason Mantla a connu une ascension fulgurante dans le milieu du cinéma au cours des dernières années. Son film Fireweed a été présenté en grande première il y a deux ans au festival du film Dead North de Yellowknife et a remporté le prix pour le meilleur lieu de tournage du Bureau du cinéma des TNO. Il a ensuite été présenté au festival du film de Reykjavik et au festival ImagineNATIVE. Depuis, il est devenu un habitué du circuit des festivals du film et foule les tapis rouges au pays et à l’étranger.

Et maintenant qu’il vient de recevoir la bourse Harold Greenberg de Bell Media pour son plus récent projet, Nahga, qui sait ce que l’avenir réserve à ce talentueux cinéaste.

Nous l’avons rencontré pour discuter de son succès grandissant et de l’influence du Nord sur son travail.

Quelle a été votre réaction lorsque vous avez été désigné comme lauréat des TNO de la bourse Harold Greenberg et qu’est-ce que cette bourse représente pour votre film Nahga?

C’est un grand honneur, et c’est assez fou. Longtemps, j’ai réalisé des courts métrages sans budget. Cette bourse me permet de passer à un autre niveau pour développer mes compétences, mettre sur pied une équipe de production et élargir mes horizons. Cela signifie que je vais pouvoir raconter mon histoire plus librement. Je n’aurai pas à limiter ma vision.

Pouvez-vous nous parler un peu de Nahga?

L’idée de Nahga m’est venue d’une amie, Alicia Camille. Après la projection de Fireweed au festival Dead North il y a deux ans, nous nous sommes assis pour raconter des histoires à faire peur et elle a raconté l’histoire de Nagha. Avec sa permission, j’ai écrit le scénario.

Nagha est une créature effrayante issue d’une légende dénée. L’histoire se déroule dans les années 1980 et porte sur une gardienne d’enfants dénée qui s’occupe de son frère et de sa sœur. Elle entend frapper à la porte. Elle va ouvrir et tombe sur une vieille femme frêle. Il s’agit d’une aînée, alors la gardienne la laisse entrer, la réchauffe et lui offre du thé. Au fil de leur discussion, elle commence à réaliser qu’il ne s’agit pas d’une vieille femme quelconque. Elle est de plus et plus étrange. Sa voix change. Des poils lui sortent des bas. La gardienne réalise qu’il s’agit d’une créature métamorphe et qu’elle doit protéger son frère et sa sœur.

Où filmerez-vous?

Je vais filmer dans tout Behchokǫ̀. Je n’ai pas encore fait de repérage, mais je vais chercher des endroits le long de la route, des chalets sur la route et un vieil immeuble au village adaptés à l’époque à laquelle le film se déroule.

Comme il s’agit d’une légende tlicho, il est important pour moi de lui rendre hommage en tournant dans la région des Tlichos.

Vous avez franchi des étapes importantes au cours des dernières années. Maintenant que vous avez obtenu la bourse Harold Greenberg, qu’est-ce qui vous attend?

Eh bien, je suis actuellement en train d’écrire un court métrage pour Dead North que je vais réaliser pendant l’hiver. C’est grâce à Dead North que j’ai pu aller à ImagineNATIVE. Pendant des années j’ai voulu y aller, et il y a deux ans, j’ai finalement eu un projet (Fireweed) qui valait la peine d’y être présenté. J’ai également participé à des festivals dans le Dakota du Nord, à Reykjavik, à Dawson City, à Whitehorse, à Edmonton et à Toronto. Je sens que ce n’est que le début de ma carrière de cinéaste et je me sens dans mon élément.

Ensuite, je veux commencer à travailler sur mon long métrage, peu importe la forme qu’il prendra.

Qu’est-ce qui vous a poussé vers l’industrie cinématographique?

Je me suis toujours intéressé à la photographie et à la vidéographie. Mon école secondaire a offert des emplois à certains de nous après l’obtention de notre diplôme dans le cadre du projet résilience afin de travailler avec les jeunes pour voir s’ils réagissent positivement aux médias et aux arts. Après l’école, nous organisions des clubs sur les médias, la musique, les films et la photographie. L’administration de la santé a fait appel à notre équipe à l’échelle régionale pour utiliser les films et les médias afin de communiquer sur des sujets difficiles. Avec les jeunes, nous avons créé un court métrage intitulé Breaking the Silence, qui traite du suicide et des agressions sexuelles. Les jeunes ont contribué au tournage et à la production, et le film a été présenté en première en Norvège. Ils étaient vraiment emballés de cette première internationale… et ç’a été une sorte de début pour moi.

(Sur la photo : Mason Mantla et Casey Koyczan, artistes des TNO, à ImagineNATIVE 2019)

Où prenez-vous vos idées pour vos films et qu’est-ce qui vous inspire?

Je m’inspire beaucoup de ma communauté. J’ai grandi dans un milieu où le conte occupe une place centrale. Mes grands-parents m’emmenaient sur les terres ancestrales et me racontaient des histoires sur des animaux géants et Yamozha. Mon imaginaire s’est en quelque sorte formé avec ces contes. J’ai toujours senti que j’étais un écrivain; j’écrivais des chansons et des nouvelles, et je m’inspirais de mon entourage, de la vie dans un petit village et du Nord.

Est-ce qu’il y a certains endroits aux TNO où vous rêvez de tourner?

J’aimerais vraiment visiter le delta du Mackenzie. Je n’ai jamais été aussi loin dans le Nord, mais j’aime la beauté naturelle de cet endroit. J’ai regardé The Sun at Midnight et une partie du film a été tournée là-bas. C’est quelque chose que l’on ne voit pas dans les autres films, un sujet inexploré dans le cinéma.

En quoi des organisations comme le Bureau du cinéma des TNO vous ont-elles aidé?

Sans le Bureau du cinéma, je n’aurais pas pu participer au Festival du film ImagineNATIVE pour assister à la projection de mon film. Ce fut un grand moment pour moi de participer à un festival du film aussi significatif. Le Bureau travaille fort pour attirer l’attention sur les TNO, surtout auprès des gens du Sud, et c’est un travail important. Nous pouvons apprendre tant de choses des professionnels.